Non au carburant de synthèse : l’argent public au service d’une industrie brune repeinte en vert
Le projet Dezir (Décarbonation en Seine-Eure et sur la Zone industrielle de Rouen), estimé à plus de 1,5 milliard d’euros, vise à la production de kérosène de synthèse destiné à l’aviation commerciale. Ce carburant serait synthétisé à partir de CO2 biomasse et d’hydrogène fabriqué par électrolyse d’eau de Seine captée sur place.
Le projet nécessiterait la construction d’un carboduc de 16 kilomètres et de trois unités de production extrêmement coûteuses, immatures et instables en plein milieu de notre agglomération déjà soumise à un fort risque industriel.
Plus précisément, le projet nécessiterait chaque année :
• 876 millions de litres d’eau puisés dans la Seine
• La consommation électrique de 700 000 foyers, soit plus que la consommation annuelle totale des habitants de notre Métropole.
• 350 000 tonnes de CO2 biomasse, l’équivalent de l’exploitation de 38 000 hectares de forêt.
Le kérosène ainsi produit coûtera 5 à 6 fois plus cher, son achat par les compagnies aériennes sera largement subventionné par l’Union Européenne afin de « sécuriser » la filière auprès des investisseurs privés. Ce projet porté par l’état Français et l’UE incarne parfaitement la doctrine techno-solutionniste qui ne fait qu’alimenter le désastre écologique. Seule une réduction du trafic aérien permettra le respect des objectifs climatiques de Paris 2015.
Nous sommes opposés au projet Dezir qui légitimera la construction des EPR2. En effet, la fabrication d’hydrogène par électrolyse nécessite des quantités phénoménales d’énergie electrique. Electricité qui pourrait être utilisée pour le rail, le frêt, les transports en communs et autres véhicules electriques. L’argent public ne doit pas subventionner ce programme d’industriels et d’investisseurs privés.
Nous alertons également sur les dessous d’un projet qui installera sur notre territoire l’extrême droite et ses ramifications financières. Xavier Caitucoli, président de la société Verso Energy porteuse du projet, compte parmi les soutiens financiers d’Eric Zemmour.
Pour toutes ces raisons, nous exigeons que le programme d’installation de l’usine Dezir porté par Verso Energy soit abandonné.
RéPIE est un collectif d’associations qui luttent pour la préservation de l’environnement et pour la justice sociale. Il est composé : Attac Rouen, Alternatiba Rouen, Amis de la terre et Greenpeace Rouen