M. le Président de la Communauté de Commune Tarn-Agout (CCTA) : libérez-nous du tout-voiture !
Le trafic routier est également l’un des premiers secteurs émetteur de gaz à effet de serre à l’échelle de notre territoire. L’urgence climatique nous impose d’agir rapidement et de sortir de notre dépendance collective au pétrole, au transport routier et à la voiture individuelle.
C’est un enjeu essentiel et pour autant l’abandon des véhicules polluants et de la logique du tout-voiture ne doit laisser personne sur le carreau. Évidemment, nous savons qu’il n’est pas toujours facile de se passer de sa voiture, principalement en milieu rural, mais nous pensons qu’il est de la responsabilité de nos élu.es de nous en donner les moyens, en développant les alternatives et en accompagnant le changement, notamment pour les plus fragiles d’entre nous.
M. Portes, il est grand temps d’agir pour la transition écologique et pour une mobilité urbaine, interurbaine et périurbaine adaptée aux crises sanitaire et climatique.
Nous vous demandons donc :
– de prendre des mesures visant à réduire la place dédiée à la voiture sur la communauté de communes (CCTA) et notamment dans les villes de Lavaur et Saint-Sulpice (mise en place de “rues scolaires”, mise en place ou développement des zones piétonnes et des zones à trafic limité, généralisation de la baisse des vitesses à 30 km/h, réduction du stationnement en voirie, etc.) ;
– d’avancer sur des mesures visant à maîtriser la demande en déplacements comme l’abandon des projets de nouvelles zones commerciales en périphérie (projet de déménagement d’Intermarché Lavaur) ou de développement de zone d’activité ayant pour conséquence une augmentation du trafic routier (projet Terra 2) ;
– d’œuvrer à l’abandon de tout projet de nouvelle infrastructure routière/autoroutière (autoroute Toulouse-Castres) ou d’extension des capacités routières ;
– de continuer à développer la solution vélo (plan vélo ambitieux à hauteur de 30€/an/hab. minimum, mise en place d’un réseau de voies vélos-piétons permettant de se déplacer autrement qu’en voiture pour les trajets inférieurs à 6 km autour des villes de Lavaur et Saint-Sulpice) , activation des autres leviers d’un système vélo performant : stationnement sécurisé, intermodalité avec les transports en commun, apprentissage pour tous, ateliers de réparation, etc.) ;
– de continuer à développer le réseau de transports en commun (amélioration des fréquences et amplitudes horaires, développement des transports urbains en site propre notamment vers/entre les zones périphériques mal desservies, etc.) ;
– de mettre en place une tarification sociale et solidaire basée sur les ressources pour les transports en commun ;
– de faire preuve d’exemplarité concernant la flotte de véhicules de la CCTA : optimiser et rationaliser les déplacements au sein de la collectivité et engager une véritable politique de mobilité durable.
Il reste beaucoup à faire sur notre territoire sur ce sujet de la lutte contre la pollution automobile, comme l’a démontré un classement des villes* publié en amont des élections municipales de 2020 par le Réseau Action Climat, Unicef France et Greenpeace France.
La crise sanitaire Covid que nous traversons a mis une nouvelle fois en lumière la nécessité absolue d’avancer rapidement sur ces enjeux de mobilité urbaine et interurbaine, notamment dans les territoires ruraux.
Sortir du tout-voiture, du diesel et de l’essence et prioriser d’autres manières de se déplacer en ville demande du courage politique et c’est indispensable pour faire face à l’urgence sanitaire et climatique.
Maintenant que les élections sont passées, nous vous demandons de passer rapidement à l’action pour lutter de manière ambitieuse contre la pollution automobile, en commençant par mettre en place des actions concrètes dans le cadre du PCAET et en prenant en compte nos demandes dans ce texte.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le président de l’intercommunalité, l’expression de notre considération distinguée.
*Source : https://www.greenpeace.fr/lutte-contre-la-pollution-de-lair-classement-des-12-plus-grandes-agglomerations-francaises/